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Carats et couleurs de l’or

juillet 3rd, 2009

poincons1L’une des qualités premières de l’or est sa malléabilité, cette qualité peut aussi être un défaut, notamment pour son emploi en bijouterie. Afin de le rendre plus résistant, il est nécessaire de fabriquer un alliage avec d’autres métaux.

La composition de cet alliage permettra aussi de lui donner sa couleur afin de satisfaire aux exigences des joaillers créateurs et de la mode.

La proportion d’or fin, c’est-à-dire d’or pur contenu dans un alliage s’exprimait en carat jusqu’en 1995, date à partir de laquelle la proportion d’or pur (ou le “titre”) d’un alliage doit s’exprimer officiellement en “millièmes”.

  • l’or fin (or pur) est à 1000 millièmes (ou 24 carats),
  • l’or à 750 millièmes (1 8 carats) correspondait au titre imposé pour la fabrication des bijoux en France. Les 250 millièmes restants sont répartis entre l’argent, le cuivre, le nickel et le zinc,
  • l’or à 585 millièmes (14 carats) est également très répandu.

La loi du 9 novembre 1797 faisait obligation aux joaillers français de fabriquer des bijoux en or d’un titre supérieur ou égal à 18 carats, cette qualité était garantie par un poinçon à tète d’aigle gravé dans chaque bijou par le Service de la Garantie en France. Cette certitude d’acheter un bijou de qualité est appelée à disparaître. La nouvelle loi relative aux ouvrages en métaux précieux votée par le parlement le 22 décembre 1993 (publiée au Journal Officiel le 5 janvier 1994) autorise la vente de bijoux en or à 585 millièmes (14 carats) et 375 millièmes (9 carats) afin de s’aligner sur les autres pays européens où la vente de cet alliage à bas titre est autorisée.

Notez que les bijoutiers sérieux spécifient clairement le titre de l’or des bijoux qu’ils vendent.

Couleurs de l’or et proportion des autres métaux dans un alliag à 750 millièmes (18 carats).

couleurs

Pierre-Christian GUIOLLARD auteur de Chercheur d’Or Guide Pratique

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L’Homme serait-il capable de se passer de l’or ?

juillet 2nd, 2009

Lorsque Nixon a rompu le lien entre l’or et le dollar, le monde ne s’est pas arrêté de tourner pour autant. L’économie est repartie à la hausse et les prix ont baissé. Il y avait beaucoup de mécontentement à propos du contrôle des prix et d’autre chose. Mais la reprise économique était au rendez-vous et le président a été réélu triomphalement.

Nixon n’a pas pour autant mis un terme à l’histoire d’amour entre l’or et les Américains. Jamais le métal jaune n’a été aussi demandé pour la décoration ou pour la joaillerie. Le lien entre l’homme et le précieux métal ne semble pas prêt de se briser.

L’or joue toujours un rôle central dans notre vie quotidienne. Ce métal connu depuis l’Antiquité est un composant clé pour les technologies modernes. C’est un métal inaltérable et excellent conducteur d’électricité. Chaque année, l’industrie électronique utilise 200 tonnes d’or. À notre époque de haute technologie, si vous dites à un ingénieur ou à un électricien qu’il va maintenant falloir se passer de l’or, ils vont vous expliquer qu’une grande partie de l’industrie informatique, audiovisuelle et bien d’autres encore, va alors devoir s’arrêter, au moins jusqu’à ce qu’on trouve un substitut au métal jaune.

Les scientifiques eux-mêmes portent sur l’or un regard nouveau. On sait que ses propriétés médicales sont étudiées depuis longtemps. On dit que les Chinois, à peu près en l’an 2000 avant Jésus-Christ, ont été les premiers à vouloir utiliser l’or en médecine. Mais ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe que l’on m’a vraiment fait appel à la chimie pour concevoir des médicaments contenant de l’or. Le bactériologiste allemand et prix Nobel de médecine, Robert Koch, a par exemple découvert que l’on pouvait tuer le bacille provoquant la tuberculose en utilisant un mélange à base d’or, le cyanure aureux.

Avant la découverte des antibiotiques, les médicaments à base d’or étaient une arme importante contre la maladie. Des mélanges contenant de l’or sont toujours utilisés pour traiter certaines formes de polyarthrite rhumatoïde. Dans les laboratoires de recherche actuels, les techniciens s’intéressent à la fabrication de nouveaux mélanges solubles à base d’or, peut-être pour traiter les infections virales, mais il existe certaines formes solubles capables de tuer des cellules cancéreuses comme on a pu le vérifier au cours des dernières années. Ces produits n’en sont pas encore au stade de l’expérimentation clinique, il y a encore du travail à faire sur la chimie de l’or, c’est un domaine de recherche très actif.

D’autres études sont en cours en vue de préparer la prochaine ruée vers l’or. Mais cette fois-ci dans l’espace. Des roches vieilles de 4,5 milliards d’années, contenant dix fois la concentration en or que l’on peut trouver dans n’importe quel minerai sur Terre et il y en a des millions comme ça dans l’espace, dans ce qu’on appelle les ceintures d’astéroïdes géocroiseurs et dans la ceinture principale d’astéroïdes.
Pour Jim Benson, il doit bien y avoir un moyen de récolter cet or extraterrestre : ” On pourrait envisager de lancer un engin spatial vers l’un de ces astéroïdes géocroiseurs entre la Terre et Mars et y atterrir en douceur. La première fois, nous serions peut-être seulement capables de prélever un échantillon et de l’analyser. Mais à la mission suivante, nous serions peut-être en mesure d’en rapporter une certaine quantité ou même d’utiliser un remorqueur spatial pour tirer un astéroïde métallique géocroiseur relativement petit jusqu’en orbite terrestre où on pourra le traiter à moindre coût. Un défi incroyable, mais bien lointain. Il y a des fortunes colossales à bâtir et même des empires, je crois, dans les quelques générations à venir. L’espace offre des ressources infinies, sans aucune frontière.

Si l’on en croit Benson, un seul astéroïde pourrait produire 80 000 milliards de dollars de métaux précieux. Mais comme le roi Midas qui transformait en or tout ce qu’il touchait, quand on a des masses d’or considérables à portée de main, la magie n’opère plus, c’est terminé, fini. Pourtant, tout au long de l’Histoire, jamais la fascination qu’exerce l’or n’a faibli. Quand les Romains ont trouvé de l’or en Espagne ou quand les Espagnols ont exploité le Pérou, on a toujours su utiliser l’or qui venait s’accumuler. Les découvertes du XIXe siècle ont porté la production à des niveaux inimaginables, mais l’or n’a pas perdu sa valeur. On en veut toujours plus. L’obsession de l’or est une constante depuis la nuit des temps.

L’or a poussé hommes et femmes aux actes les plus extrêmes, en cruauté, en bravoure ou en beauté. Pendant des milliers et des milliers d’années, posséder de l’or a été de la plus haute importance pour acquérir la richesse, mais aussi la puissance. L’or a survécu à toutes les civilisations. Il fut un élément central de la religion et des arts. C’est sur l’or que l’économie des nations s’est fondée, pour le meilleur et pour le pire. Si un jour on ramassait discrètement tout l’or des États-Unis, de Grande-Bretagne, d’Allemagne et de France et qu’on le jette à la mer, au large des côtes Bretonnes, la vie économique ne s’arrêterait pas pour autant. La vie continuerait, en effet, mais c’est vers l’or que l’on se tourne lorsque les temps sont durs. L’or porte en lui quelque chose de particulier. Ce n’est pas un produit fabriqué par l’homme, mais par la nature, c’est pourquoi on a confiance en lui. C’est votre assurance pour les mauvais jours. L’or est capable de survivre à tous les cataclysmes. Indestructible et universel, il porte en lui une puissance incomparable.

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Au temps où les romains détruisaient des montagnes pour extraire l’or de la terre

juillet 1st, 2009
Pièce dor romaine - Aureus dAuguste. Source Sacra-moneta.com - Photo Numismatica Ars Classica

Pièce d'or romaine - Aureus d'Auguste. Source Sacra-moneta.com - Photo Numismatica Ars Classica

L’Empire romain était obsédé par l’or. Le métal précieux fut la base de son économie. Comme elle n’avait pas d’excédent de récoltes et ne fabriquait pas de biens, Rome transforma l’or en monnaie et l’utilisa pour le commerce. Pour garantir un approvisionnement constant, les légions romaines, qui étaient payées en or, prirent la direction des pays les plus riches du monde antique.

Dans un empire aussi puissant que l’Empire romain, le plus important était la course au pouvoir, l’étalement des richesses, l’achat de biens, le financement des armées. C’est très différent des Egyptiens qui n’avaient sans doute pas de grande armée, les Romains devaient financier un empire très étendu.

En l’an 25 av-J.C. l’empereur Auguste et quelque soixante-dix mille hommes quittèrent Rome déterminés à trouver une nouvelle source de richesse. Les mines les plus rentables se trouvaient dans les Asturies au nord-ouest de l’Espagne, un des derniers territoires tombés sous le joug de l’empire romain.

Trois mois plus tard, la bataille finale se déroula dans les brumes d’une montagne appelée Las Médulas. Ce qui se passa ensuite constitue l’un des exploits techniques les plus colossaux et les plus ingénieux de l’Histoire. L’historien romain Pline le qualifia de ruina montium, la destruction d’une montagne.

Dix mille prisonniers asturiens furent contraints de creuser un labyrinthe complexe avec des galeries entrecroisées, le travail était épuisant et particulièrement dangereux. Quand un rocher barrait le passage, on allumait un feu pour le briser, ensuite on le baignait dans un bain acide de vinaigre pour l’éroder. Dans une chaleur étouffante et une fumée suffocante, les mineurs brisaient alors la roche et l’emportaient.

Derrière cette cruauté, il y avait un plan bien préparé. Les galeries dont certaines étaient longues de plusieurs centaines de mètres étaient en fait destinées à affaiblir la montagne, mais le secret de l’opération, c’était l’eau.

Les Romains construisirent et élaborèrent un système de canaux et d’aqueducs sur plus de trois cents kilomètres. L’eau se déversait ensuite dans un réservoir à 280 mètres sous le sommet de Las Médulas. Quand le bassin fut rempli, un signal fut transmis et les portes du réservoir s’ouvrirent. Le déluge emporta tout sur son passage.

Démontrant la grande connaissance des Romains en hydrodynamique qui était en avance de plusieurs siècles sur leur temps, l’eau se répandit dans les galeries conçues pour accélérer sa vitesse et les murs s’écroulèrent. Bientôt, la terre trembla. Une à une, les galeries et les souterrains s’affaissèrent selon un scénario prémédité qui allait ensevelir nombre d’esclaves incapables de s’échapper. Les débris se déversèrent alors à travers des canaux couverts de brindilles tressées qui séparaient l’or de l’eau.

Rome dévasta les montagnes du nord-ouest de l’Espagne avec une ampleur sans comparaison jusqu’aux temps modernes. Chaque sommet est un monument à sa cupidité. Les canaux comme celui-ci sont voûtés de manière à résister à la violente pression de l’eau. A l’époque de leur fonctionnement, ils pouvaient charrier plus de 200 millions de litres d’eau par jour. Pendant plus de deux cents ans, ils ont transporté des billions de tonnes de terre et extrait plus de 30 millions d’onces d’or pour une valeur estimée à 12 billions de dollars actuels.

La prospérité de Rome dura quelque temps, mais au IIIe siècle av.-J.C. Las Médulas fut mystérieusement laissé à l’abandon. A Rome, les temps avaient changé, l’Empire s’écroulait. Mais depuis l’Eglise qu’avait fondée Saint-Pierre à Rome, une nouvelle influence, la Chrétienté, allait bientôt s’étendre sur toute l’Europe. Une religion riche en signes et en symboles, en saints et en miracles. Ses reliques les plus sacrées sont couvertes d’or.

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Confessions d’un banquier pourri

juin 30th, 2009

Cet article est extrait du livre Confessions d’un banquier pourri

(…) Nous proposions d’autres produits au moins aussi dangereux que les subprimes : par exemple, des prêts à taux réduits taillés sur mesure pour les gogos des collectivités locales. L’une de nos cibles de prédilection ? Les municipalités qui cherchaient à débloquer des fonds en urgence pour financer des actions spectaculaires, juste avant des élections. Pour ces clients institutionnels qui ont besoin de sommes importantes sans comprendre grand-chose à notre métier, notre arnaque est toute simple : nos prêts à taux variable sont indexés sur un ratio quelque peu mystérieux entre le dollar et l’euro. Jusque-là, tout va bien. L’euro est au mieux, c’est rassurant. Et puis, l’élément clé, c’est que la collectivité ne commence à rembourser qu’au bout de vingt ans. Allez savoir qui sera aux commandes à ce moment-là ! Ceux qui auront souscrit l’emprunt auront disparu depuis longtemps. Il vaudrait mieux, d’ailleurs ! Parce que les taux d’intérêt de ces prêts à effet ” boule de neige ” sont calculés de manière cumulative. Indexés sur les taux de change, mais aussi sur les matières premières ou toutes sortes d’indicateurs plus ou moins bidons, ils laissent à nos clients l’illusion d’avoir fait une bonne affaire… en nous offrant la certitude de les raser jusqu’à l’os !
Outre les mairies, nous avions facilement convaincu pas mal d’offices HLM et d’hôpitaux publics de recourir à ces prêts magiques. Comment ? Nous disposions d’atouts décisifs. Le nom de La Banque, d’abord, respectable. Vénérable, même. Le professionnalisme de nos équipes, ensuite, aguerries à entourlouper dignement n’importe quel amateur. La prestigieuse identité de nos premiers clients, qui rassuraient les suivants.
Enfin quelques menus avantages accordés aux décideurs de chacun de ces organismes. Que celui qui n’a jamais eu besoin d’un prêt immobilier à titre personnnel lève la main ! Dans La Banque, les ” gestes commerciaux ” - on préférait ce mot-là à celui de corruptíon, définitivement très laid - faisaient partie du métier. Nous avions ainsi décidé d’assouplir les conditions d’accès aux prêts à taux zéro pour certains de nos très bons clients, en particulier ceux qui appuyaient nos propositions auprès de leurs employeurs. C’était notre liberté. Ils en ont bien profité. En interne, nous avions baptisé ces prêts personnels les POTT, ” Prends l’Oseille et Tire-Toi “. Tout un programme.

Histoire de l’emprunt Giscard sauvé du désastre par la chute du cours de l’or des années 80.

juin 29th, 2009

Le reflux du prix de l’or, qui commença à se manifester, très rapidement, après le 21 janvier 1980, ouvrit non seulement la voie au règne de l’étalon dollar au sens pur du terme, mais empêcha aussi, en France, le désastre complet de l’emprunt Giscard. En octobre 1973 le Ministre des Finances de Georges Pompidou avait lancé un emprunt de 6,5 milliards de francs. Cet emprunt, rémunéré à 7 %, était à tout égard semblable à l’emprunt Pinay; de 1952-1958. Comme lui, sa valeur était garantie par le cours de l’or, et dispensée de droits de succession et de donation. Mais, ce qui était possible, au moment où le prix de l’or était stable, à 35 dollars l’once, cessa d’être viable, dans un marché où le métal précieux tendait à s’envoler. L’emprunt Giscard, 1973, a été lancé au moment précis où l’once d’or valait 97 dollars et est arrivé à son terme au moment où elle valait 437 dollars. Ce qui fait que cet emprunt, remboursé en janvier 1988, a coûté 12,3 fois plus que ce qu’il avait permis à l’État d’encaisser, c’est-à-dire de 80 milliards de francs. I1 est tout à fait évident que cet emprunt aurait coûté beaucoup plus, sí l’or n’avait pas été cassé dans son processus de remonétisation, par les Accords de Jamaïque et par la taxation des transactions qui ont commencé au niveau international, à partir de 1979.

Valéry Giscard d’Estaing passait, au moment où il fut élu président, en 1974, pour le plus brillant des grands argentiers du monde occidental. L’histoire de l’emprunt qui porte son nom rend d’autant plus évidente la cécité des responsables politiques de l’époque quant aux grandes secousses de l’ordre monétaire international.

Edouard Husson & Norman Palma, auteurs de “Le capitalisme malade de sa monnaie : Considérations sur l’origine véritable des crises économiques

Rien n’a changé.

juin 28th, 2009

Cet article est une citation du livre Confessions d’un banquier pourri

On lit partout que cette crise a du bon. Qu’elle va mettre un terme aux excès, aux rémunérations délirantes, aux primes à l’échec. Qu’on va réinventer le capitalisme. Que les PDG vont (enfin !) devenir responsables. Que les traders (mais oui !) vont se calmer. Et que le temps des folles spéculations est derrière nous.
Mais que s’est-íl passé en vérité durant ces huit derniers mois ?
Les banquiers - enfin les dirigeants de banques - sont-ils désormais responsables sur leurs biens propres, comme ce fut autrefois le cas dans de grandes maisons ? Non.
Les paradis fiscaux sont-ils toujours bien vivants ? Accueillent-ils encore la trésorerie de la plupart des multinationales en activité et le patrimoine des grandes fortunes mondiales ? Même s’ils vont devoir faire quelques concessions, la réponse est : oui.
A-t-on renoncé aux miraculeuses cachettes que représente le maquis du hors-bilan ? Ces cavernes comptables inaccessibles au commun des mortels - épargnants, journalistes ou même analystes financiers - existent-elles toujours ? Oui.
Les banquiers ont-ils eu la décence de rendre l’argent ? D’abandonner leurs bonus extravagants ? leurs parachutes en or massif ? Non, non, encore non.
Et la transparence des comptes, s’est-elle vraiment améliorée ? De nouvelles règles plus contraignantes sur la communication financière ont-elle été adoptées ? En aucun cas.
Qu’ont fait les ministres des Finances et les chefs d’État qui se réunissent de plus en plus souvent - encore récemment à Londres - pour masquer leur impuissance ? Rien. Ou si peu.
Il faut regarder la réalité en face : oui, cette sorte de banquiers dont j’ai été sont pourris. Oui, ils se sont gavés pendant vingt ans, et encore oui, ils pensent que le festin va bientôt reprendre. Personne ne souhaite renoncer à l’autorégulation. D’ailleurs, l’opacité représente pour eux à la fois un réflexe et un mode de vie.
La situation reste d’une extrême gravité, la confiance n’a plus cours sur les marchés. Les règles de la finance doivent maintenant être bousculées. Mais ils ne veulent rien entendre. Donc, la crise va se prolonger. Pas huit mois, comme certains tycoons ont pu d’abord l’imaginer, mais plutôt un an, peut-être deux. Au minimum.
Et puis, un jour, les bourses seront tombées tellement bas que la probabilité de gagner à nouveau de l’argent augmentera. Jusqu’à devenir irrésistible. Les actions remonteront, l’économie se redressera, et on sera sortis d’affaire. La seule question est : quand ?

Des souverains plein les portes

juin 27th, 2009

Le fils d’un riche industriel en savon et en huile demeurant à Salonique, en Macédoine, rappelle ainsi ses souvenirs : ” Ma famille a transformé toute sa fortune en souverains avant l’invasion allemande, au cours de l’hiver 1941. Nous avions au moins 3 000 souverains cachés derrière l’encadrement des portes. A chaque coup de vent, ma mère se précipitait pour voir sí l’argent n’était pas tombé. Dès que les Allemands sont arrivés, ils ont occupé l’usine et, sans ce pécule, nous serions morts de faim. Une fois par an, nous démontions les portes pour prendre l’argent qui nous permettait de vivre. Bien que nous ne nous en soyons pas rendu compte sur le moment, la majeure partie de nos parents et de nos amis avaient agi de même. Mais mon grand-père, qui avait fait confiance à la monnaie grecque, se retrouva avec des liasses de billets sans valeur, et perdit toute sa fortune. ”

Timothy Green

L’or c’est bon pour les riches, les pauvres et les espions

juin 26th, 2009

La C.I.A., aux U.S.A., le Secret service, en Angleterre, le Deuxième Bureau en France faisaient la plupart de leurs paiements en or. ” C’était la meilleure façon de rétribuer les gens “, explique un négociant. L’or a sur les billets un autre avantage; il peut être très vite transformé. Avec un simple creuset, on peut fondre rapidement un lingot et faire disparaître les marques du propriétaire précédent. ” Il n’est pas difficile de laver l’or “, déclarait un banquier britannique. La majeure partie de ceux qui possèdent de l’or ne sont pas des espions, et ne s’attendent pas à être balayés du jour au lendemain par un coup d’État. Cependant, ils ont d’autres motifs de peur : peur qu’une banque ne fasse faillite, peur de la guerre, peur d’une dévaluation. Les acheteurs privés ne recherchent pas l’or pour en tirer des revenus, mais pour ne pas perdre d’argent. L’or ne rapporte pas d’intérêt, et cela peut être très coûteux d’en avoir une certaine quantité. La plupart de ceux qui en achètent outrepassent leurs moyens. ” Une partie de l’or est achetée par des gens riches “, rappelait un banquier français, ” mais, l’autre moitié est achetée par des peuples qui crèvent de faim, et qui n’ont peut-être pour vivre que l’aide des dollars américains. “

Timothy Green

Les acheteurs de pièces d’or sont des personnes responsables et pragmatiques.

juin 26th, 2009

Les gens qui ne connaissent rien à l’investissement dans l’or physique s’imaginent que les personnes qui détiennent quelques napoléons, sont des gens bizarres, tous très vieux dans leur tête et dans tous les cas des trouillards. Le recul que nous avons à présent sur nos membres me permet d’affirmer que cette image est fausse et caricaturale.

Les détracteurs pourraient eux même devenir acheteurs d’or, le jour où le JT de 20h les aurait abreuvé de reportages parlant de gens qui font la queue devant les boutiques de la rue Vivienne à Paris. Malheureusement, les principes moutonniers ne sont pas de très bon conseil en matière de placement et il sera alors trop tard pour se positionner sur l’or. Ces gens feront alors le bonheur de nos membres qui sauront leur revendre à bon prix leurs pièces d’or. Les thésaurisateurs ont toujours permis de relancer une économie lorsque tout le reste allait mal.

Les acheteurs de pièces d’or ont actuellement un profil commun : ils sont responsables, libres penseurs, contrariens, et ne croient pas tout ce qui se raconte à la télévision ou bien dans ces magazines financiers soit disant bien renseignés sur les valeurs performantes des 4 prochaines années’ (si si ca existe, je viens tout juste de le voir en gros titre dans un kiosque a journaux). Les acheteurs d’or ne croient pas que la relance soit pour l’année prochaine, même s’ils voudraient avoir tort. En effet, comment croire ces économistes qui annoncent la reprise pour 2010 alors que ces mêmes personnes ne prévoyaient pas la crise actuelle la veille de l’explosion de Lehman Brothers.

Ces acheteurs sont parfois très modernes aussi. Je pense ainsi a Paul, 88ans, qui n’hésite pas à se servir d’internet pour acheter des pièces d’or et à motiver sa femme à en faire de même pour qu’il puisse la parrainer.

Je pense aussi à Eric, jeune militaire de 24 ans dont l’instabilité du monde actuel pourrait projeter à n’importe quel endroit de la planète et qui souhaite pouvoir compter sur une valeur refuge, même à distance, dans le cas ou le monde irait encore plus mal.

Beaucoup sont militants et achètent de l’or car ils ne font plus confiance aux banques qu’ils considèrent comme principales responsables de la crise. Qui pourrait les blâmer d’un jugement un peu hâtif. A ce sujet, vous lirez avec intérêt, mais cependant avec tout le recul nécessaire, le livre Confessions d’un banquier pourri.

Les acheteurs de pièces d’or sont aussi des gens qui savent qu’il faut se diversifier, ne pas mettre tout ses Å“ufs dans le même panier. Ils ne vont pas par exemple placer tout leur patrimoine sous forme de napoléons. Mais ils savent aussi que ces derniers seront la pour couvrir contre l’infortune le reste de ce qu’ils possèdent : actions, obligations, immobilier, etc.

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Jean-François FAURE est l'éditeur du blog LORetLARGENT.info et président fondateur d'AuCOFFRE.com SAS.

L’acheteur de pièces d’or sait aussi agir avec pragmatisme. Pour illustrer cette affirmation je vais prendre mon propre exemple. J’ai ainsi revendu 80% de mes pièces autour du 10 octobre 2008. Au moment où le napoléon fleurtait avec les 170€. Une partie des gains m’ont permis d’acheter le lendemain des actions Alstom que j’ai revendu 20% plus cher trois jours après. Ne pas être fermé à un quelconque mode d’investissement m’a permis ainsi de valoriser au double un placement réalisé un an plus tôt et de pouvoir ainsi prendre 6% de plus dans le capital de la société que j’étais en train de créer.

De manière générale, les acheteurs de pièces d’or veulent pouvoir assurer les arrières de leur famille car ils savent à présent que tout ce qu’on leur vendait comme du solide pouvait n’être que de la poudre aux yeux. Ainsi, tous les magazines spécialisés annonçaient en 2005 qu’il fallait investir dans l’immobilier. Facile à dire lorsqu’il était au plus haut après plusieurs années de hausse continue. Combien aujourd’hui ont perdu lors de revente de leur maison principale ou bien n’ont pas pu louer leur appartement en loi Robien ou Borloo ? Ces particuliers auraient acheté de l’or en même temps que leur maison, ou bien leur appartement, ils auraient aujourd’hui largement compensé leurs pertes.

Consolidation du cours l’or ? C’est le bon moment d’acheter des pièces d’or

juin 20th, 2009

Les phases de consolidation sur le cours de l’or sont l’occasion de découvrir à bon compte les avantages de cette véritable « assurance vie » du reste de votre patrimoine. Pour ceux qui possèdent déjà des pièces d’or et en connaissent les nombreux avantages, c’est le moment de se renforcer.

J’en entends déjà dire «moi je pense que l’or va continuer de descendre en raison de toutes les nouvelles de reprise ». Reprise ? Quelle reprise ? Celle du moral des traders de la City qui se voient proposer 2 ou 3 emplois par jour depuis quelques semaines alors que personne ne les avait contactés depuis octobre 2008 ? La reprise du moral de votre banquier qui va pouvoir de nouveau faire son job comme il en avait l’habitude « avant » ? Autour de moi, personne ne me parle de reprise. Les budgets de nombreuses sociétés sont toujours bloqués dans l’attente de jours meilleurs. Les trésors de guerre de certaines arrivent bientôt à épuisement et les incertitudes sur l’emploi de leurs salariés n’ont jamais été aussi importantes. Bref, rien n’a été réglé et l’on navigue actuellement dans un vaste nuage de fumée.

Pour continuer sur cette métaphore, je dirais que la maison a connu le feu au niveau de la cave et qu’il est encore temps de souscrire une assurance incendie pour ceux qui ne l’avaient pas fait. En effet, la structure a été touchée et il reste des braises encore vives ça et là, personne ne sachant vraiment où et comment les éteindre. Vous pouvez même considérer que vous avez eu de la chance car vous savez à présent que la maison pourrait brûler en entier très prochainement.

Dans ce contexte, acheter de l’or c’est alors un peu faire le pari de Pascal : Ne pas en avoir et vous avez tout à y perdre. En avoir et vous avez au pire toujours la possibilité de le garder et de vous rattraper sur le reste (actions, immobilier, etc).

Ceux qui pensent aujourd’hui qu’il ne faut pas acheter de l’or car la bourse donne des signes de reprise sont ceux qui achètent systématiquement à la hausse lorsqu’on parle de l’or dans le magazine Capital de M6 et vendent à la baisse lorsque plus personne n’en parle au JT de 20H. Bref, les mêmes qui perdent aussi systématiquement sur les actions car ils appliquent la même stratégie à leur portefeuille boursier. L’or est à cette heure le placement préféré des contrariens.

Aujourd’hui, le prix de pièces d’or redevient intéressant à l’achat, notamment en raison d’une prime autour des 5% pour les napoléons et de 5 à 7% pour les krugerrands.

jf_autravail

Jean-François FAURE est l'éditeur du blog LORetLARGENT.info et président fondateur d'AuCOFFRE.com SAS.

Toutes les pièces d’or ne se valent pas suivant ce que l’on souhaite en faire et le contexte dans lequel on se trouve. Il faut arbitrer lors de l’achat sur les pièces qui correspondent le plus à votre profil et savoir vous diversifier. Il m’est arrivé de conseiller à des gens d’acheter des napoléons car ils habitaient en France mais aussi des 20F Tunisie (peu demandées en France et donc avec un potentiel de prime locale faible) car ils avaient une maison secondaire dans la ville de Tozeur, en plein désert tunisien (lieu ou la prime de cette pièce sera élevée en cas de forte demande sur l’or). A d’autres, je leur conseillais plutôt des souverains en plus de quelques krugerrands car ils faisaient la navette entre la France et la Chine pour des raisons professionnelles.

Nous conseillons de manière générale :

  • Pour les acheteurs moyen et long terme de se positionner sur les napoléons 20F, pour ceux qui jouent la carte de la France. Pour ceux qui souhaitent pouvoir monnayer leurs pièces à l’international, ils peuvent s’orienter aussi sur les 20F Suisse, les Souverains et les Krugerrands. Le 50 Pesos est aussi intéressant, en raison de sa prime très basse, mais dans la stricte logique du long terme, pour le jour où tout explose…
    Pour info : le Souverain est une pièce recherchée dans toutes les anciennes colonies britanniques mais aussi l’Allemagne, la Grèce et la Chine.
    Le Napoléon est essentiellement reconnu en France, Suisse et Belgique.
    Le Krugerrand est la pièce d’or internationale. Où que vous soyez, cette pièce sera recherchée.
    Le 20Francs Suisse est la pièce d’or connue de tous les anciens investisseurs dans l’or physique, plus particulièrement des Allemands, des Suisses et des Français.
    Enfin, la 50 Pesos Centenario pourra se monnayer facilement en dehors de la France dans tous les pays hispanophones.
  • Pour ceux qui sont un peu plus joueurs et qui pensent comme moi que l’on va connaître une hausse du cours de l’or à partir de septembre et pourquoi pas un rush sur les pièces d’or à la fin de l’année, ils peuvent se positionner sur les krugerrands qui peuvent connaître des pénuries importantes. Il peuvent aussi suivre le cours des 10 et 20$ US (Eagle et Double Eagle), qui ont des différentiels de prime très importants, et acheter lorsqu’ils repèrent une prime plus basse (ne pas espérer cependant une prime de fond en dessous de 10%). De telles pièces peuvent gagner ou perdre plus de 50 euros en moins d’une journée. Enfin, pour ceux qui veulent jouer la carte locale, notre pièce préférée pour tenter des coups à la hausse reste sans aucun doute la pièce d’or napoléon 10F ou demi-napoléon qui pourra prendre 10 euros en moins d’une journée (ce qui est énorme sur une pièce qui est cotée autour de 75 euros). En France, le demi-napoléon est la pièce avec le différentiel de prime le plus élevé. Mais attention, nous la conseillons pour les connaisseurs car il faut savoir l’acheter au bon moment (prime entre 12 et 20%) et il faut surtout (surtout) être certain de sa qualité (état TTB minimum).

En bref :

  • Vous n’avez pas encore de pièces d’or ? Achetez.
  • Vous avez déjà des pièces ? Ne vendez pas mais renforcez-vous.
  • Pour le long terme : Achetez des napoléons, des souverains (anciens ou Elisabeth II), des 20F Suisse ou des 50 Pesos.
  • Pour le court terme : achetez des krugerrands, des 10 et 20$ sur un repli de la prime, ou bien des demi-napoléons de très bonne qualité lorsque la prime est située entre 12 et 20%. Vous savez qu’avec ces achats vous prenez des risques mais, en cas de gains, vous pouvez vite multiplier la mise. Cela vous demandera du temps, mais vous avez tout à gagner en surveillant le cours de ces pièces et en créant des alertes pour recevoir un e-mail lorsqu’un seuil (cours et/ou prime) est dépassé à la hausse ou à la baisse.

Vous lirez avec intérêt :

Mais la glorieuse histoire de l’or est-elle vraiment achevée ?

juin 15th, 2009
Un trésor constitué de 6kg d'or trouvé en Allemagne. L'or que l'on pense enterré fini toujours par refaire surface.

Un trésor constitué de 6kg d or trouvé en Allemagne. L or que l on pense bien enterré fini toujours par refaire surface.

Pour répondre à cette question, nous devons revenir au commencement de cette saga.
Tout au long de l’Histoire, l’or a joué deux rôles - décoratif et monétaire - qui se sont renforcés l’un l’autre. L’or conférait la puissance à cause de son indiscutable et indestructible beauté, mais cette puissance était d’autant plus grande que l’or acquérait plus d’importance en tant que monnaie.
Néanmoins les ferments qui allaient conduire à la perte finale par l’or de son statut de monnaie apparaissent très tôt dans cette histoire. L’innovation par inadvertance du papier-monnaie par Hien Tsung, au IXe siècle, était la première étape dans cette voie. Des substituts encore plus efficaces à la monnaie métallique apparurent ensuite au Moyen Age, avec l’usage croissant de la monnaie de crédit comme les lettres de change et le développement en parallèle des activités de banque. Dès le VIIe siècle, l’accélération de la croissance du commerce et de la production avait causé un besoin urgent et croissant pour du numéraire. Avec le temps, l’or se révéla plus un handicap qu’un instrument efficace pour conduire les affaires.

L’étalon-or qui surgit presque par accident au XIXe siècle reconnaissait explicitement ce glissement dans la fonction de l’or, qui passait moins fréquemment de main en main. Dorénavant la plus grande partie de l’or monétaire restait, au contraire, dans les chambres fortes des banques comme la garantie collatérale suprême pour les monnaies de papier et les dépôts bancaires employés dans les transactions commerciales et financières en pleine expansion. L’or était consacré comme l’étalon absolu et la protection inattaquable - la garantie que les politiciens ne déclencheraient pas des émeutes en créant des formes plus abstraites de monnaie et en provoquant une inflation sauvage comme cela avait été sí souvent le cas par le passé. En 1928, George Bernard Shaw, que l’on ne peut soupçonner de conservatisme, résuma parfaitement cette attitude dans son Guide du capitalisme et du socialisme à l’usage de la femme intelligente : ” Vous devez choisir entre mettre votre confiance dans la stabilité naturelle de l’or ou bien dans l’honnêteté et l’intelligence des membres du gouvernement. Et, sauf le respect dû à ces gentlemen, je vous conseille, tant que le système capitaliste fonctionne, de voter pour l’or.”

Même ce rôle central de l’or était condamné d’avance. L’impatience des hommes politiques était loin d’être la seule force qui conduirait finalement à l’enterrer. L’issue était écrite dans la magnitude et la complexité croissante des activités financières en général et du fonctionnement des gouvernements en particulier. Il apparaissait de plus en plus irrationnel de gérer un système financier global avec un métal dont les sources avaient été arbitrairement distribuées par la nature, les principales d’entre elles se trouvant dans des pays aux régimes aussi contestables que la Russie ou l’Afrique du Sud. L’or était devenu un anachronisme.
Mesurée à partir de 1870 jusqu’au moment, en 1971, où Richard Nixon a tranché le dernier lien avec l’or en tant qu’étalon et protection, la longévité de l’étalon-or n’a été qu’une fraction de celle du besant des Byzantins. Christophe Colomb, John Locke, David Ricardo et Montagu Norman auraient été bien étonnés de découvrir que leurs vérités éternelles n’étaient pas aussi éternelles qu’ils le pensaient.

Et pourtant nous ne pouvons pas être certains que cette saga touche à sa fin. En 1875, comme nous l’avons vu, l’économiste anglais distingué Stanley Jevons avait prévenu que ” les hommes sont tenus pour si peu responsables des dégâts qu’ils font à la monnaie que ce n’est pas une bonne chose de laisser sa gestion à leur entière discrétion “. Néanmoins, la gestion discrétionnaire est précisément le système que le monde a choisi à la place des contraintes imposées par l’or. Enfin libérés des entraves dorées, tous les pays du monde fonctionnent désormais avec des systèmes monétaires et des devises convertibles en rien d’autre que les devises d’autres pays, tout ceci effectué sans coût, en pressant simplement sur les touches d’un clavier d’ordinateur. Nous n’avons plus de monnaie pouvant être testée avec une pierre de touche pour déterminer si elle est authentique.

Beaucoup de gens pensent que le dollar est le liant qui maintient tout le système ensemble, comme le fit l’or dans le passé. Aujourd’hui, en d’autres termes, le dollar américain semble jouer le même rôle sur la scène internationale que celui joué par la livre britannique au XIXe siècle. Mais, après la Seconde Guerre mondiale, les réserves d’or de la Grande-Bretagne étaient depuis longtemps épuisées, et l’offre de livres sterling était tellement supérieure à leur demande que leur valeur plongea.
Le dollar n’est pas plus un métal que ne l’était le sterling ; et il n’est pas différent des devises des autres nations. Il se trouve simplement que c’est encore le rivet central du système au début du XXIe siècle. Aucun rivet central n’a jamais duré indéfiniment, pas même l’or.
L’idée est répandue que le dollar a fait la loi non seulement à cause de la formidable puissance économique de l’Amérique mais aussi grâce à l’extraordinaire savoir-faire des financiers qui se sont succédé à la barre de la banque centrale américaine - le système de Réserve fédérale. Un article de Floyd Norris dans le New York Times du 14 mai 1999 était intitulé “Qui a besoin de l’or quand nous avons Greenspan ? “. Ce titre reflétait une opinion largement partagée à notre époque.

Rappelons-nous l’observation de Benjamin Disraeli en 1895 : “Notre étalon-or n’est pas la cause, mais la conséquence de notre prospérité commerciale. “De la même manière, les banquiers centraux de tous les grands pays du monde apparaissaient peut-être compétents dans les années 1980 et 1990 car les conditions économiques de ces années les faisaient apparaître compétents. Il n’y avait pas de conflit international majeur risquant de déclencher l’inflation. Les poussées inflationnistes causées par l’État-providence avaient été étouffées par le démantèlement d’une partie des filets de protection sociale et par l’obsession de comprimer les déficits budgétaires, pas seulement aux États-Unis mais aussi en Europe, dans une bonne partie de l’Amérique latine, et en Asie. L’économie mondiale était férocement concurrentielle, et les entreprises américaines étaient les plus compétitives de toutes. Les réserves pétrolières connues pendant ces années étaient beaucoup plus importantes qu’au début des années 1970. Bref, à la fin du XXe siècle, aucune force irrésistible ne mettait à l’épreuve les réelles compétences des banquiers centraux ni ne secouait le dollar dans sa position dominante.

Rappelons-nous aussi les observations de Marco Polo sur la devise de Kublaï Khan : ” La production de la monnaie [de Kublaï Khan], écrivait-il, est organisée de telle sorte que l’on peut réellement dire qu’il a maîtrisé l’art de l’alchimie… La procédure d’émission est aussi formelle et officielle que s’il s’agissait de pur or ou argent… La monnaie est authentique… Cette monnaie, le Khan en possède de telles quantités qu’il pourrait s’il le voulait acheter tous les trésors du monde. ” Si Marco Polo était encore parmi nous, il ferait sans aucun doute observer la remarquable ressemblance entre le dollar américain et l’émission monétaire de Kublaï Khan. Pourtant, nous ne sommes pas plus assurés de la permanence de l’hégémonie du dollar que de la dominance passée du papier-monnaie de Kublaï Khan, des pennies d’Offa, du besant, du dinar, du ducat, ou de la livre sterling. Durant les périodes de fièvre inflationniste de la fin des années 1970 et du début des années 1980, les gens apeurés et même ceux qui s’y connaissaient se détournèrent des dollars pour aller vers l’or. Dans les périodes inévitables où de telles turbulences réapparaîtront, l’Histoire pourrait bien se répéter elle-même. Les marchés de l’or sont développés et actifs.

Ainsi que Robert Mundell, lauréat du Nobel d’économie 1999, le fit remarquer en recevant son prix à Stockholm, “la chose principale qui fait défaut aujourd’hui est une monnaie universelle, un étalon de valeur, le lien entre le passé et le futur, et le ciment qui relie les différentes communautés humaines éloignées les unes des autres “. Il poursuivit en rappelant à son audience que l’or avait rempli ce rôle depuis l’époque d’Auguste jusqu’en 1914 et que “l’absence de l’or comme élément intrinsèque de notre système monétaire aujourd’hui rend, à cet égard, notre siècle - celui qui vient juste de s’écouler - unique depuis plusieurs milliers d’années “. Mundell exprime sa thèse avec emphase, mais l’absence de monnaie universelle continuera d’être une plaie pour l’économie mondiale tant que le problème ne sera pas résolu.
En mars 1997, bien avant de savoir qu’il serait un jour honoré par l’Académie suédoise, Mundell avait fait la prédiction suivante : ” L’or sera un élément du système monétaire international au XXIe siècle. ” C’était une déclaration audacieuse et sujette à controverse, inquiétante aussi. L’or sera peut-être de nouveau la protection ultime dans une période chaotique. Le retour de l’or à son rôle traditionnel de monnaie universelle est, cependant, peu probable, sauf si le dollar, l’euro et le yen cessaient tous les trois d’être des moyens de paiements acceptés internationalement.

L’histoire de l’or contient un enseignement plus profond, qui n’est pas rattaché aux qualités éphémères de ce que nous choisissons comme monnaie. Dans un sens plus général, l’histoire de l’or n’a pas de fin.
L’aspect le plus frappant de cette longue histoire est que l’or a fait trébucher la plupart des protagonistes du drame. Les uns après les autres, les personnages se sont comportés comme le voyageur de Ruskin qui s’est noyé agrippé à son or, et ils ont découvert trop tard que c’était l’or qui les possédait. Midas, Jason, Crésus, les empereurs byzantins, les survivants de la Grande Peste, Pizarre et son empereur Charles Quint, MacArthur le chimiste, Montagu Normaiì et Benjamin Strong, Charles de Gaulle et les fanatiques de l’or des années 1980 - tous étaient habités par l’obsession de l’or, mais ils étaient à la poursuite d’une illusion. Aucun ne connut le destin qu’il espérait.

Ceux qui pensaient que l’or était une protection contre les incertitudes de la vie ne comprenaient pas que la quête de l’éternité ne peut pas être satisfaite avec de l’or, ou par tout autre substitut : les dollars, les euros, ou ce que vous voudrez. L’or en tant que fin est absurde. La thésaurisation ne crée pas la richesse. L’or et ses substituts n’ont de sens qu’en tant que moyen : pour embellir, pour décorer, pour échanger contre ce dont nous avons besoin et que nous voulons réellement.
Peut-être que les héros les plus sages de notre histoire étaient les simples habitants de Jenné et de Tombouctou qui échangeaient dans le silence l’or contre le précieux sel dont ils avaient besoin pour vivre.

Extrait de l’ouvrage de Peter L. Bernstein “Le pouvoir de l’or : Histoire d’une obsession

D’autres articles LORetLARGENT.info à propos de l’histoire de l’or :

  • La ruée vers l’or de Californie - Histoire de l’or (4)
  • Une pépite de 7 kilos comme butoir de porte - Histoire de l’or (3)
  • Le vendredi noir du 24 septembre 1869 ou le scandale Fisk & Gould - Histoire
    de l’or (2)
  • Des humains et de l’or - Histoire de l’or (1)
  • Adversaires et défenseurs de l’or aux XIXème et XXème siècles
  • Les pièces de monnaie d’or et d’argent. D’abord un objet avec du sens.

    juin 15th, 2009
    Pièces d'or 40F - Bonaparte premier consul

    Pièces d or 40F - Bonaparte Premier Consul

    Nous vous avons parlé de l’intérêt des pièces d’or comme assurance lors de période de crise. Nous avons aussi évoqué l’effet de levier que représente la prime, surclassant ainsi tous les investissements dans l’or physique connus. Bref, nous vous en avons parlé comme un placement, comme votre banquier pourrait vous détailler les avantages d’un tracker Lyxor gold, les belles photos en plus. Il ne manquerait plus que l’on voit un jour sur ce site une analyse graphique de l’évolution de la prime du napoléon. Même si pour l’instant nous gardons pour nous ce genre d’analyse, il est probable que cela arrive prochainement. Mais franchement ce ne serait pas rendre tous les honneurs qui sont dues à ces petits morceaux de métal. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une monnaie ancienne d’or, d’argent, ou bien même d’un vil métal, reste avant tout un objet avec du sens.

    Patrice de la Perrière et Pierre Colombani nous en parlent avec toute la passion des numismates qu’ils furent.

    La monnaie se rattache à l’histoire de la ville, de la province, de l’État par lequel elle a été frappée. Elle est une de ses composantes. Elle en subit directement les fluctuations. Archaïque et grossière à ses débuts, indiquant ainsi le manque d’assurance, elle s’affine, s’équilibre, ” s’anoblit “, ses formes devenant plus élégantes, voire plus fonctionnelles, quand la cité devient plus puissante ; son esthétique s’améliore pour rivaliser avec le monnayage des cités voisines ou des États rivaux. Avec orgueil, elle porte sur ses flans le visage de ses héros, de ses rois, de ses dieux. Elle y célèbre ses victoires, ses armées, parfois ses passions (le quadrige représenté sur les monnaies de Syracuse indiquait le vif intérêt des Syracusains pour les courses de chevaux), ses emblèmes, ses symboles, clairs ou ésotériques.
    Certains empereurs ou tyrans ne sont représentés que sur quelques monnaies et pendant une courte période, montrant ainsi, soit la brièveté d’un règne, soit la haine tenace de leur successeur. Inscriptions et types monétaires ont une fonction de propagande. L’effigie de l’empereur peut être représentée sur les monnaies des décennies après sa mort, et cela dans des villes, des pays très distants.
    Que le poids des monnaies d’or et d’argent s’amenuise indique les difficultés d’un roi, d’une cité, l’inflation n’étant pas, hélas ! un phénomène de notre époque. Quels meilleurs témoignages d’une civilisation peut-on trouver ?

    Mais une monnaie d’or ou d’argent, ce n’est pas qu’une histoire, c’est aussi le plaisir de posséder une Å“uvre d’art.
    Pour le passionné de formes, d’esthétique, la monnaie présente les mêmes caractéristiques d’unité, d’équilibre des volumes, de stylisation, ou encore de maniérisme, voire d’abstraction, qu’un tableau, une statue, un bijou…
    Les villes, les rois, les tyrans faisaient appel aux meilleurs artistes, aux graveurs les plus célèbres pour illustrer leur monnayage. Que ce soit un Kymon, ou un Evainète, dans le monde grec, un Warin sous la royauté française. Les monnaies issues de notre Moyen Âge témoignent avec orgueil de la magnificence de l’art gothique et de l’extrême richesse de la cour de France. Elles nous retracent les préoccupations esthétiques et la recherche artistique d’une période, ce document exceptionnel s’insérant parfaitement dans le panorama d’un règne, d’une civilisation.

    Pour finir, une monnaie c’est le caractère fascinant de l’objet usuel. Une monnaie n’est pas créée pour le seul plaisir de la décoration, mais pour un usage très concret. Passée de main en main, elle a été caressée, appréciée, désirée, perdue, cachée par ses lointains possesseurs. Ces civilisations dont nous sommes issus et dont nous dépendons constituent notre patrimoine artistique, toute notre histoire. Elles les ont laissées en témoignage.

    Acheter des pièces d’or est un acte militant.

    juin 8th, 2009

    Pourquoi acheter ou vendre des pièces d’or au 21ème siècle ? Cette question je me la suis posée de nombreuses fois à titre personnel et aussi en tant que président d’AuCOFFRE.com.

    A titre personnel, avant de m’intéresser à l’or, j’ai d’abord été lecteur de gens tels que Bill Bonner ou bien Paul Krugmann. J’avais alors l’intime conviction, dès la fin 2007, que tôt ou tard nous allions payer les dérives des systèmes financiers et monétaires. Comment était-il possible que des organismes de crédit puissent continuer de prêter à des gens qui ne seraient même pas capable de rembourser les seuls intérêts d’emprunt du bien qu’ils allaient acheter ? Comment le pays le plus endetté du monde, les USA, pouvait-il continuer de vivre au crédit du reste des nations ? Comment ce même pays peut-il en toute impunité jouer de la planche à billets pour financer son économie sans en payer le véritable prix un jour ou l’autre ? La crise actuelle a déjà apporté son lot de réponses mais le pire reste à venir car aucun problème n’est réglé. Cela arrange trop de monde que l’on puisse poursuivre les affaires « as usual » là où une refonte profonde serait nécessaire. Le G20 proclamait haut et fort avoir apporté des solutions. En fait, tout ça n’était selon moi que de la poudre aux yeux pour journalistes ou bien Hedge founds en attente d’un signe de reprise. Un Madoff n’était finalement qu’un produit dérivé de ce système perverti et les paradis fiscaux avaient bon dos. Le gros du problème reste à régler : que faire d’un dollar qui n’a de valeur que la confiance que l’on a dans la richesse des américains, et d’un système financier déconnecté de la réalité . « Pourquoi voulez-vous que ma Banque investisse dans les entreprises lorsqu’elle dégage tant de profits avec les produits dérivés » disait en substance Daniel Bouton, l’ex-président de la Société Générale. Toute la crise que nous vivons et que nous allons vivre se résume finalement à la phrase de ce banquier.

    De nombreux défenseurs de ce système prônent que c’est grâce à lui que les entreprises se développent, que l’économie avance pour le bien être de tous. Ils nous feraient presque croire que ce sont eux qui ont apporté l’eau courante et la lumière dans les foyers, ou plus récemment le téléphone puis l’internet. Ce n’est que le discours de personnes qui veulent légitimer l’existence de l’argent casino des marchés financiers. Savez-vous que seules 8% des sociétés qui ont levé plus de 75000 $ finissent dans le top des sociétés les plus profitables aux USA ? (Etude Inc). Nombreuses sont les sociétés pour lesquelles une existence en bourse relève plus des relations publiques voulues par leurs investisseurs que d’une réelle possibilité de financement. Faisant de manière objective le constat de ce que cela leur coûte et des bénéfices, beaucoup de dirigeants se retireraient des marchés s’ils avaient encore suffisamment d’autonomie au sein de leur propre boite. Les grands gagnants dans un casino ne sont ni les joueurs ni les croupiers distributeurs de cartes mais le casino lui même. Les retraités américains, qui avaient misé leurs vieux jours sous forme d’actions de sociétés trop grosses pour faire faillite, en tirent à présent les leçons.

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    Jean-François FAURE est l'éditeur du blog LORetLARGENT.info et président fondateur d'AuCOFFRE.com SAS.

    Bref, fin 2007 je souhaitais acheter de l’or pour assurer mes arrières face à ces problèmes que je pressentais. Mais pourquoi l’or ? Je pourrais vous déballer à nouveau les 10 bonnes raisons que vous lirait dans notre guide mais au final, je ne dirais qu’une chose : acheter des pièces d’or, ça a du sens. Du sens car c’est tangible et relève aujourd’hui clairement d’une action militante. Un membre (client) d’AuCOFFRE.com m’a clairement dit au téléphone «Je vous achète des pièces d’or car j’emm…e mon banquier qui tente de me vendre des forfaits de téléphone mobile, des alarmes ou des services à la personne plutôt que de faire correctement son métier de base. Si je pouvais, je retirerais tout l’argent que j’ai chez lui. Je vais déjà commencer par fermer mon livret A». Sans pour autant jeter la pierre à toutes les banques, je partage parfois le point de vue de ce membre lorsqu’on tente de me vendre des produits complexes que le banquier n’est pas lui même capable de m’expliquer en dehors des taux de rentabilité théoriques que je pourrais lire tout seul sur la brochure en papier glacé.

    L’or ne va pas promettre une rentabilité ou un rendement (il en serait bien incapable). Le rendement c’est une notion que j’associe à la valeur travail. L’or sous forme de pièces d’or doit être plutôt vu comme la plus belle des assurances. Une assurance dont vous pouvez récupérer un jour ou l’autre une bonne partie de la mise et qui révèle tout son potentiel lorsque le reste de votre patrimoine se porte mal. L’or est un placement simple, compréhensible, que vous pouvez expliquer à vos proches et dont vous pouvez même leur faire profiter. Vous pouvez offrir des pièces d’or à ceux que vous aimez (que ce soit de la main à la main ou bien sous forme de chèque cadeau pour les plus modernes), même s’ils ne connaissent rien à l’or, ils savent tout de suite la valeur de ce présent. Pensez-vous que ce soit possible, ou tout au moins avec autant de sens, s’il s’agissait d’un tracker avec le cac40 comme sous jacent ?

    Dans nos pays nous avons trop tendance à vouloir nous arranchir pendant notre sommeil, pendant que nos actions grimpent, et à nous protéger grâce au travail des autres. Ce raisonnement a provoqué la crise de 29 et celle que nous vivons actuellement. Que font des pays comme l’Inde et la Chine pendant ce temps ? Pour s’enrichir ils travaillent et pour se protéger ils achètent de l’or.

    Les pièces d’or ne sont pas une promesse comme un vulgaire bout de papier, elles portent en elle leur propre valeur. Elles sont le placement d’avenir d’un monde qui recherche la simplification, la franchise et le retour à des valeurs solides.

    Et pour vous enrichir ? Travaillez plus ou bien investissez dans les entreprises de vos amis.

    Jean-François FAURE

    Appel à témoignagne : Vous souhaitez parler d’une mauvaise expérience avec votre banque ou votre banquier ? Vous souhaitez réagir à propos des dérives des banques et du système financier ? Vous avez une idée précise de ce  à quoi devrait ressembler une banque respectable aujourd’hui ?
    Envoyez nous vos réactions sur info[ AT ]loretlargent.info (remplacez [ AT ] par @), elles donneront lieu à un article spécifique.

    Le système honnête d’avant 14

    juin 8th, 2009

    Les banques centrales des divers pays détenaient de l’or dans leurs coffres. L’or était utilisé pour soutenir les devises papier. Si un pays dépensait trop en produits externes, sa devise fuyait vers des pays étrangers. Elle revenait en paiement de biens ou de services fournis par le pays d’accueil. En cas de déséquilibre — c’est-à-dire lorsqu’un pays étranger se retrouvait avec plus de la devise d’un autre pays qu’il ne pouvait en dépenser en biens et services de ce pays –, le surplus qui en résultait était présenté à la banque centrale pour être remplacé par de l’or. Les déséquilibres de tous les pays étaient réglés dans la seule chose qu’aucun d’entre eux ne pouvait imprimer ou contrefaire : l’or. Si une nation accumulait un déficit commercial persistant, elle se voyait retirer son or.

    Cela encourageait la banque centrale à faire quelque chose pour le protéger. En général, les taux d’intérêt grimpaient, ce qui avait pour effet de récompenser l’épargne et de décourager le flux de fonds vers l’extérieur.

    Le système était net. Il était honnête.

    Par Bill Bonner - Chronique Agora

    Fonction protectrice de l’or

    juin 8th, 2009

    On connait la valeur interne de l’or, on reconnait son caractère de valeur refuge, mais le connaissez-vous comme valeur protectrice ? En effet, on attribue aussi à l’or la faculté de mettre son propriétaire à l’abri de mesures arbitraires des gouvernements. On pense alors aussi bien à se protéger de la dévalorisation intérieure de la monnaie par suite des augmentations de prix (affaiblissement du pouvoir d’achat) qu’à se défendre des conséquences d’une dégradation extérieure de la monnaie, par exemple sous la forme d’une dévaluation. Dans ce contexte on rappelle le plus souvent les expériences vécues en France où les dévaluations successives après la Seconde Guerre Mondiale auraient fait subir à la population des pertes de fortune beaucoup plus importante si elle n’avait pas thésaurisé l’or dans de telles proportions.